Nombre de grossesses de plus en plus croissant en milieu scolaire : Quelles stratégies pour y faire face?

Introduction

Un sondage autour du nombre grandissant de grossesses en milieu scolaire à la suite de l’article publié par « news.abidjan.net » a été réalisé auprès des membres du groupe WhatsApp (toutes des femmes) de l’association « She STEMin Africa » (il est possible de rejoindre ce groupe en CLIQUANT ICI) durant le mois de juillet 2024. Toutes ces brillantes interventions ont été synthétisées au sein de cet article.

A partir de quel âge et comment aborder le sujet de sexualité avec les enfants?

Le nombre 4137 cas de grossesses comptabilisés pendant l’année 2023-2024 en Côte d’Ivoire est vraiment impressionnant à la limite choquant. Ceci résulterait en grande partie du fait qu’à travers les réseaux sociaux, excessivement présents dans la vie quotidienne, les enfants ou pré-ados sont précocement exposés à un très grand flux d’informations à tendance déviantes. L’éducation donnée par les parents se trouve très souvent en retard.

Ceci étant, il faudrait commencer à parler de sexualité dès la tendre enfance comme nous explique ici @Hamiltonpounde L’éducation en général et sexuelle de l’enfant en général et de la jeune fille de en particulier (excusez la répétition) commence depuis le bas âge en des termes adaptés à son âge. Nous devons pouvoir parler et amener nos enfants à nous parler de tout et de rien sans aucune gêne. Sachons que le vide que nous laissons à nos enfants, la nature et l’entourage se chargeront de le combler à leur manière (qui n’est souvent pas la bonne). Donc pour ma part, lorsque nous parents allons reprendre nos places d’éducateurs, d’observateurs, allons instaurer un certain dialogue et une sorte de proximité entre nous et nos enfants, les tendances pourront être inversées.”

Un exemple de langage adapté aux tout petits est présenté ici par @Sosso “Mon fils de 4 ans et de 3 ans savent qu’on appelle le sexe  « kiki ». Je leur ai appris que les garçons ne se lavent pas avec les filles, les garçons ne jouent pas aux papa et maman. On ne fait pas de bisous sur la bouche d’une personne. Il me demande encore pour l’instant s’ils étaient dans mon ventre je leur dit oui. Je réfléchis encore leur expliquer comment ils sont sortis de là”.

Comment les enfants s’informent-ils en général sur la sexualité?

Même si à la maison les enfants n’ont pas accès à des contenus peu recommandables, ils les découvrent autrement @SOSSO le dit: Aujourd’hui c’est plus facile d’aborder le sujet, car il y a quelques années, voir une jeune fille enceinte en milieu scolaire était un sujet de honte et d’éducation ratée. Pour faire face aux grossesses en milieu scolaire il faut déjà une bonne sensibilisation des parents d’abord car l’éducation commence dans la famille. Les parents doivent briser les tabous et contextualiser leurs enseignements sur des sujets sexuels. On ne dit pas de le faire à la manière qui est imposée par les réseaux. Il faut juste que le parent prenne conscience que l’enfant est très curieux de nos jours. A l’école, il manipule les téléphones de ses camarades et à accès à tout. Il faut favoriser le dialogue tout autour du sexe, apprendre à la jeune fille et au jeune garçon quand il faut par exemple commencer à poser l’acte sexuel, leur présenter les risques, les dangers et les conséquences qu’un tel peut avoir s’il le fait de façon précoce ou sans se protéger.”

Quelques stratégies pour continuellement parler de sexualité avec les ados

Une fois sortie de la petite enfance les parents devraient continuer de captiver l’attention des pré-ados ou ados comme présenté par les interventions de @Angel, @Sosso, @Solange et @Jessica :

“Personnellement j’ai deux petites filles chez moi. Elles sont arrivées en classe de 4ème et 3ème. À la rentrée j’ai commencé à les taquiner. Elle avaient l’habitude de me dire que je suis enseignante d’universités et donc j’enseigne leurs enseignants. Moi je leur disais toujours que parmi leurs enseignants, il y en a que j’ai enseigné et qui les connaissent bien donc tout ce qu’elles font à l’école je suis au courant, même les petits garçons avec qui elles marchent toujours là on m’en a déjà parlé, ce qui n’était pas vrai du tout. De temps en temps je les taquinais par des discours de ce genre et finalement chacune cherchait à se justifier en disant que le gars là est un simple camarade, c’est vrai qu’on passe la plupart des pauses ensemble,…..C’est ainsi que je profitais de temps en temps pour leur arracher des infos sur leur vie en milieu scolaire et par ricochet, leur donner quelques conseils. Aujourd’hui, il arrive des fois qu’elles abordent le sujet les premières quand elles ont à me dire. En fait je leur avais fait savoir qu’avant leur retour à la maison même quand je ne suis pas dans la ville, on m’a déjà dit tout ce qu’elles ont fait à l’école. Aujourd’hui l’une va en terminale anglophone et l’autre en première. C’est devenu très facile pour moi de parler de sexualité avec elles.”

“Ma nièce a 19 ans et n’a jamais connu d’homme. Je parle de tout avec elle. J’ai commencé à lui parler de sexualité, elle était en From 2, l’année où elle est venue vivre avec moi. Quand je causais  avec des amis sur le sujet, je la laissais écouter, mon mari ne voulait pas, mais j’insistais. Elle me racontre tout. Quand un garçon  la courtise elle m’en parle. Même les amoureux de ses camarades, elle m’en parle. Son petit ami qui vient tourner au quartier, elle m’en parle. Mais s’il fallait donner un âge précis pour commencer à parler de sexualité avec nos enfants,  je dirais dès l’école primaire, dans les classes de CM1 et CM2. Pour les plus précoces CE2. Je crois que dans ces classes on leur parle de la reproduction. Les parents doivent en profiter et continuer les leçons dessus à la maison.”

“Les filles de la première année en seconde bizarrement constituent la tranche la plus exposée. A cet âge, les enfants veulent se découvrir et le phénomène de « partouze » est devenu un défi qu’ils se donnent pour prouver son appartenance( bizutage) à un groupe. Pendant que tu crois avoir affaire aux enfants, tu es surpris de savoir ce qu’ils regardent dans les téléphones de leurs camarades. Par conséquent, les parents ont un gros travail à faire. Surveillance et surtout  complicité doivent être établies avec l’enfant pour  s’informer au plus tôt des tentations auxquelles ils font face. Éduquer également les enfants à la crainte de Dieu est un levier qui éveille naturellement la conscience de l’enfant à respecter et valoriser son corps. Ainsi on pourra peut-être éviter à nos enfants certains pièges de la vie tels que les grossesses précoces.”

“Pour ce qui est des études. Il faudrait continuellement éduquer les jeunes garçons et surtout les jeunes filles aux risques auxquels ils s’exposent à partir du moment où ils sont sexuellement actifs. Apprendre aux jeunes filles comment éviter les grossesses précoces.  Encore une fois, le rôle des filles est fondamental pour accompagner au mieux la jeune fille enceinte.  La famille et la communauté éducative agissent de manière à ne pas stigmatiser et accompagner au mieux.

@Stefania attire l’attention sur le fait d’éduquer autant le garçon que la fille : “Pour éviter les grossesses en milieu scolaire, l’Afrique en général et le Cameroun en particulier doivent revoir la notion d’éducation des enfants filles et des enfants garçons dès la maison. Dans notre société, les parents à partir de la maison montrent aux enfants filles combien elles sont exposées, mais très peu sont ceux qui prennent de la peine pour montrer aux enfants garçons, les conséquences de leurs actes, l’impact que leur action peut avoir sur la vie d’une jeune fille enceintePour moi ce facteur est d’autant plus important, car l’aspect de la maturité intervient (les enfants au secondaire sont en moyenne autour de 18 ans maximum, et très souvent naïfs). Il faudrait à mon sens que les deux parties responsables de l’acte soient conscientes des conséquences. Il faut sensibiliser à la fois la jeune fille et le jeune garçon.”

Conclusion

Nous espérons que cet extrait du débat réaliser dans notre groupe WhatsApp avec des femmes scientifiques des quatres coins du Cameroun portera ses fruits dans la sensibilisation des jeunes filles à la question des grossesses précoces afin de limiter les différents risques mentionnés plus haut. 

N’hésitez pas à laisser votre propre point de vue en commentaire et/ou à nous contacter si vous avez des questions à l’adresse contact@shesteminafrica.com. Merci de nous avoir lu, nous sommes ravis d’avoir pu partager ces stratégies avec vous !

Wrote by Josiane T. Tiedjou
Ambassador of She STEMin Africa activities

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